ENSATT : LE CORPS COMME - POINT DE DEPART DU JEU

Sous l’impulsion de Thierry Pariente puis de Philippe Delaigue, Mathieu Lebot Morin enseigne pendant six ans au sein du département comédien de l’ENSATT. Son travail s’appuie sur une ligne simple : l’acteur ne peut accéder à une justesse du texte que si son corps est déjà engagé dans la situation. C’est depuis cet engagement physique que la parole se libère, gagne en précision et trouve son énergie.

Son enseignement articule trois grands axes qui s’entrecroisent constamment.

D’abord, l’architecture corporelle et posturale : sentir les appuis, clarifier l’axe, comprendre le rapport au sol, reconnaître les moteurs du mouvement (où il naît, comment il se propage), développer une relation consciente à l’espace et à l’interlocuteur.

Vient ensuite l’affinement technique et sensoriel : travail sur la notion de poids du corps, coordination, mobilité, écoute fine du rythme, attention au silence, ouverture au langage du non-verbal. Tout cela construit une présence disponible et active, où l’acteur sait exactement ce qu’il donne, reçoit, transforme.

Enfin, l’écriture du mouvement et la construction d’un imaginaire scénique : apprendre à structurer une action, rendre chaque déplacement voulu et précis, écrire une partition physique (chorégraphiée ou non), développer sa capacité à improviser, imaginer, prendre place dans une dramaturgie du geste.

Ce travail global permet à chaque étudiant d’acquérir non seulement une plus grande conscience de son instrument, mais aussi la capacité de construire son propre échauffement, adapté au rôle qu’il aborde, à la situation jouée et aux exigences de la mise en scène.

Savoir préparer son corps, trouver le bon élan postural, ajuster énergie et respiration devient alors un réflexe, une boîte à outils que chacun peut adapter à son parcours de comédien.

EXPERIENCES CROISEES ET PRATIQUE DU PLATEAU

Durant six années au sein du département comédien, Mathieu Lebot Morin a mené un ensemble d’ateliers et de projets qui ont permis aux élèves d’explorer le mouvement dans des contextes variés, en dialogue constant avec les autres disciplines de l’école. Les promotions successives ont traversé des expériences très diverses : reprises de répertoire, créations chorégraphiques, exercices de composition, stages croisés avec le CNSMD, ou encore collaborations avec les départements lumière et costume.

Le travail de reprise de répertoire, notamment autour de Pina Bausch (Café Müller, Les Rêves dansants) ou d’Anne Teresa De Keersmaeker (Rosas Danst Rosas), a constitué un espace d’apprentissage exigeant, où précision, écoute et conscience du groupe deviennent des conditions de jeu autant que de danse. Ces reprises confrontent les élèves à une écriture déjà là, qu’il faut comprendre, habiter, et investir sans la reproduire mécaniquement. C’est un apprentissage du regard autant que du corps.

Les créations de formes courtes, souvent réalisées en collaboration avec les départements lumière et costume, ont permis aux étudiants de travailler la composition collective : imaginer une situation physique, construire une partition, structurer l’espace, accorder l’énergie du geste à celle de la scène. Chaque promotion a traversé ces exercices d’écriture au plateau, indispensables à la construction d’une autonomie artistique.

Les projets inter-écoles, notamment avec les danseurs du CNSMD dans le cadre des stages-rencontres, ont ouvert un autre champ : confronter l’acteur à des artistes pour qui le mouvement est un langage premier. Ces échanges, toujours très dynamiques, ont permis d’affiner les outils techniques travaillés en cours, mais aussi de mieux comprendre ce que peut être une physicalité partagée.

Les projets menés hors les murs – Fête des Lumières, collaborations avec le dispositif Culture & Santé – ont offert aux étudiants un rapport direct avec un public et un contexte réel. Au fil des promotions, ce travail a contribué à donner aux élèves une conscience plus fine de l’engagement corporel nécessaire à leur métier et des outils concrets pour l’activer.

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Là où le corps cherche, le plateau répond.

Créer, c'est se rencontrer.

Professionnels ou amateurs, chaque voix compte, chaque présence compte.
Ouvrons ensemble un espace de création.